Cinq erreurs courantes en picking

Le fingerpicking est une technique fascinante pour guitare acoustique, puissante, expressive et riche en possibilités. Mais comme toute discipline, elle vient avec ses pièges habituels qui ralentissent souvent les progrès des guitaristes intermédiaires. Ne faites pas l’erreur de négliger ces points pendant les 4 stades de l’apprentissage.

Prenons un moment pour comprendre les erreurs courantes dans un contexte plus large, et surtout, voyons comment les dépasser avec efficacité.

Erreur #1 : Se focaliser sur la rapidité plutôt que sur la précision

Beaucoup de guitaristes débutants ou intermédiaires cherchent à jouer vite dès les premières leçons. Pourtant, accélérer avant de maîtriser les mouvements fondamentaux crée généralement des notes floues, des timings irréguliers et une fatigue rapide du poignet.

Conseil pratique :
Commence par diviser les phrases en micro‑motifs (deux à quatre notes). Assure‑toi qu’à basse vitesse chaque note sonne proprement, puis augmente progressivement le tempo. La vitesse suivra naturellement. 

Erreur #2 : Négliger la coordination main gauche/main droite

La main droite (ou gauche pour les gauchers) sculpte le groove pendant que l’autre main change les accords. Une erreur fréquente est de pratiquer les deux mains séparément trop longtemps, ce qui empêche le développement d’un sentiment d’unité rythmique.

Astuce :
Travaille toujours avec un métronome, même pour les passages les plus simples. Commence très lentement pour t’assurer que chaque mouvement de la main droite correspond exactement à ce que fait la main gauche.

Erreur #3 : Ignorer la musicalité pour privilégier la technique

Les exercices sont essentiels, mais jouer juste pour être techniquement correct peut te faire oublier l’essentiel : faire de la musique. Le picking se prête particulièrement bien aux nuances, aux dynamiques et aux petites variations subtilement expressives.

Pratique recommandée :
Quand tu répètes un passage, joue‑le trois fois de suite avec une émotion différente à chaque fois — plus doux, plus fort, plus expressif. Cela t’aidera à internaliser la musicalité de ton jeu.

Erreur #4 : Sous‑estimer l’importance du pouce

Le pouce est souvent le héros silencieux du picking. Il assure la base rythmique (souvent une ligne de basse ou un pouls constant). Beaucoup de joueurs négligent de lui donner un rôle stable, ce qui rend le groove moins solide.

Suggestion :
Isole des exercices dans lesquels tu ne joues que le pouce (sur les basses) pendant que l’autre main fait une simple mélodie. Cela donne une base rythmique plus forte pour les passages plus complexes.

Erreur #5 : Manquer de patience avec les transitions d’accords

Changer d’accords sans pause est un des défis majeurs du picking. Beaucoup de joueurs s’énervent quand les transitions ne sont pas fluides, et finissent par bâcler ces passages.

Technique efficace :
Apprends d’abord les transitions sans jouer, juste en changeant d’accords au métronome. Quand elles sont propres à ce stade, ajoute progressivement les motifs au doigté.

En résumé

Le picking est une façon de penser et d’écouter la guitare. Les habitudes que nous prenons très tôt influencent notre progression à long terme. En identifiant ces erreurs courantes et en y apportant des solutions concrètes — comme l’accent sur la précision, la musicalité ou la coordination, tu poseras des bases beaucoup plus solides pour ton jeu.

Les types de compresseurs audio

Les types de compresseurs : le guide du guitariste acoustique fingerstyle

Dans le monde de l’audio, et plus particulièrement pour les guitaristes acoustiques adeptes du fingerpicking, le compresseur est un allié précieux. Il permet de maîtriser la dynamique du jeu et d’égaliser les notes trop fortes ou trop faibles tout en conservant l’expressivité naturelle de l’instrument. Mais, les effets sont comme les épices, ils doivent sublimer le plat, pas l’écraser. 

Dit simplement, un compresseur sert à contrôler la dynamique d’un signal audio en réduisant l’écart entre les sons forts et faibles. Concrètement, pour un guitariste acoustique en fingerpicking, il permet d’uniformiser le volume des notes, de mettre en valeur les détails subtils du jeu, de maîtriser les attaques trop franches, et de donner plus de présence et de corps à la guitare. Que ce soit en studio ou en live, il aide à obtenir un son plus équilibré, plus stable et plus professionnel, sans altérer la musicalité. Certains préfèrent les éviter en live, parce qu’ils peuvent lisser l’expression. Il est préférable de se laisser une bonne marge pour contrôler la dynamique par le jeu de la main droite. Mais, ils sont incontournables au studio.

Il existe plusieurs types de compresseurs, chacun avec ses caractéristiques propres. Voici un tour d’horizon pour choisir le bon outil. Je ne fais pas de différence entre le hardware et le software ici, le second ne faisant que reproduire (plus ou moins bien selon les avis) les caractéristiques des premiers. J’ai choisi quelques exemples et illustrations. Ce ne sont pas forcément les meilleurs dans leur catégorie, le choix est vaste et personnel.

Le compresseur VCA : précision et contrôle

  • Pour : contrôler avec précision les attaques du jeu fingerstyle, notamment les basses un peu trop puissantes.
  • Son : neutre, propre, sans coloration particulière.
  • Utilisation : parfait en live pour stabiliser le signal.

Exemples célèbres : DBX 160, SSL Bus Compressor.

image Waves

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Le compresseur FET : du punch et du caractère

  • Pour : donner du mordant à un jeu percussif ou rythmique.
  • Son : coloré, énergique, légèrement crunchy.
  • Utilisation : en studio pour faire ressortir la guitare dans un mix.

Exemples célèbres : UREI 1176, Purple Audio MC77.

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Le compresseur à lampes : chaleur et musicalité

  • Pour : les ballades fingerstyle, les morceaux expressifs ou mélodiques.
  • Son : rond, chaud, vintage.
  • Utilisation : pour donner une belle « couleur » sonore à la guitare acoustique.

Exemples célèbres : LA-2A, Manley Vari-Mu.

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Le compresseur optique : naturel et fluide

  • Pour : une compression discrète qui suit la dynamique sans l’écraser.
  • Son : transparent, musical, respectueux du toucher.
  • Utilisation : parfait sur des guitares acoustiques enregistrées au micro.

Exemples célèbres : Teletronix LA-2A, Avalon VT-737.

Avalon VT-737

Avalon VT-737.

Le compresseur à gain variable (Vari Mu) : douceur vintage et musicalité

Le compresseur à gain variable, aussi appelé Vari Mu, utilise également des lampes (tubes) pour contrôler la compression en modifiant le gain du signal de manière progressive. Ce type de compresseur est réputé pour sa réponse naturelle, sa rondeur, et son caractère vintage.

  • Pour : un jeu expressif, mélodique, avec une compression discrète mais présente.
  • Son : chaud, collant, musical, avec une belle coloration analogique.
  • Utilisation : excellent pour ajouter de la densité sans sacrifier la dynamique naturelle du fingerpicking.

Exemple célèbre  : Chandler Limited RS124 – un compresseur légendaire inspiré des unités utilisées à Abbey Road dans les années 60.

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En résumé : quel compresseur choisir ?

Type de compresseur Avantages Idéal pour…
VCA Précis, rapide Live, contrôle serré
FET Punchy, coloré Jeu dynamique, mixs modernes
Lampes Chaleureux, vintage Ballades, sons ronds
Optique Naturel, fluide Jeu expressif, acoustique pure

Conseils de réglage pour la guitare acoustique

  • Ratio : 2:1 à 4:1, compression modérée et naturelle
  • Attack : plutôt lent, pour laisser passer l’attaque des doigts
  • Release : rapide ou auto, pour une compression fluide
  • Threshold : à ajuster selon ton jeu, on commence bas et puis on remonte doucement

Évidemment ce sont des suggestions génériques qu’il faut ajuster en fonction de chaque morceau.

Attention au pumping

Le pompage (ou pumping) est un effet indésirable qui se produit lorsque la compression devient trop audible, provoquant des variations de volume perceptibles, comme si le son « respirait » de manière artificielle. Cela se manifeste souvent par une montée et une descente du volume qui peuvent gêner l’écoute, surtout en fingerpicking où la dynamique naturelle est essentielle.

Ce phénomène survient généralement lorsque l’attaque est trop rapide, le release trop lent, le ratio trop élevé ou le threshold trop bas, ce qui pousse le compresseur à agir de façon excessive. Pour l’éviter, il est recommandé de régler le compresseur avec une attaque plutôt lente, un release rapide ou automatique, un ratio modéré (2:1 à 4:1), et un seuil qui laisse respirer le jeu.

Bien maîtrisée, la compression doit rester discrète et soutenir le son sans que l’on perçoive son action. Idéalement, on doit à peine l’entendre.

Bref…

Le compresseur est bien plus qu’un simple outil technique : c’est un véritable allié pour sublimer le jeu en fingerpicking. Qu’il soit optique, à lampes, FET, VCA ou numérique, chaque type de compresseur apporte une couleur et une manière différente de sculpter le son. Bien utilisé, il permet de renforcer l’expressivité naturelle de la guitare acoustique, de lisser les imperfections sans gommer la personnalité du jeu, et d’offrir à l’auditeur une écoute plus claire, plus maîtrisée, et plus musicale. L’essentiel reste de tester et de choisir le bon compresseur en fonction de son style et de l’effet recherché.

Gravity VARI-G 5 : un stand pour 5 guitares

Le Gravity VARI-G 5, un stand 5 guitares aussi pratique que stylé

Si, comme moi, tu passes beaucoup de temps en studio ou dans ton coin guitare à la maison, tu sais à quel point il est important d’avoir tes instruments à portée de main… sans pour autant les laisser traîner n’importe où, ou risquer l’accident bête qui se termine par une tête cassée ou une éclisse fendue. J’ai récemment mis la main (et les guitares) sur le Gravity VARI-G 5, un stand capable d’accueillir jusqu’à cinq guitares. Voilà ce que j’en pense après quelques jours d’utilisation.

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

Montage : plus simple que bonjour*

Le montage est ultra-facile. En quelques minutes, c’est plié, sans prise de tête. Mention spéciale au petit tournevis marrant fourni, en forme de poignée de serrage de pied de micro. Le grip caoutchouté donne une bonne prise, même si la poignée est petite. Un clin d’œil sympa pour les musiciens. Pas indispensable, mais franchement amusant, et ça donne tout de suite une touche ludique à l’assemblage sans perdre de temps à trouver le bon tournevis.

Gravity VARI-G 5

Gravity VARI-G 5

(* je sais qu’on dit « simple comme bonjour », mais visiblement pour certains ça n’a pas l’air si simple.)

Design : sobre, avec une touche flashy

Le stand est principalement noir, avec des accents vert fluo sur certaines parties : le logo de la marque, et quelques détails sur les joints et protections. Si tu préfères un look plus discret, des joints toriques noirs sont fournis pour remplacer les éléments verts. Perso, j’aime bien ce petit côté coloré — ça change un peu du tout noir, surtout dans un studio souvent un peu sombre. 

Qualité de fabrication : du solide… ou presque

Dans l’ensemble, la structure est solide et stable, même avec cinq guitares dessus (acoustiques et électriques mélangées). Les guitares sont protégées par des tubes recouverts de mousse dans le bas et des entretoises qui tiennent le manche en haut. Les entretoises peuvent être retirées ou déplacées pour s’adapter à la largeur de différents instruments. Elles tiennent fermement sur les tubes et ne bougeront que si on le souhaite. L’angle est bien pensé pour que la guitare soit stable sans être difficile à saisir.

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

On peut le replier pour gagner de la place quand il ne sert pas, même si je le conçois plus comme installé en permanence pendant mes phases créatives ou mes sessions de répétition.

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

Gravity VARI-G 5 (image Gravity)

En revanche, la peinture semble un peu fragile : après quelques manipulations, j’ai noté de petites marques, surtout autour des zones de vissage. Rien de dramatique, mais à garder en tête si tu es maniaque sur l’esthétique. J’aurais pu être un peu plus délicat pendant le montage, si j’avais su. Mais ^personnellement, je considère le matériel comme un outil, qui peut présenter des marques d’utilisation.

Ergonomie : les guitares toujours prêtes

C’est là que le VARI-G 5 brille vraiment : en studio, c’est hyper pratique. Les instruments sont bien espacés, faciles à attraper, et bien maintenus. Le contact avec les guitares se fait via des mousses douces, qui ne risquent pas de rayer les vernis. Aucun souci non plus avec les formes un peu particulières : une parlour, une jumbo, une Tele, une folk à pan coupé, tout passe sans forcer.

En résumé :

Points forts Points faibles
Montage facile et rapide Peinture un peu fragile
Stable même chargé  
Détails de design personnalisables  
Format compact pour 5 guitares  
Tournevis original inclus  

Ma conclusion

Le Gravity VARI-G 5 est un excellent choix pour les musiciens qui veulent un stand pratique, modulaire, et au look un peu original sans tomber dans le kitsch. Il fait bien le job, il est stable, bien pensé, et c’est un vrai gain de confort pour un espace de travail ou un coin guitare à la maison. 

Sur l’échelle de piments, ça vaut un 7/10 – solide, pratique, et avec juste ce qu’il faut de fun. Il perd un point pour le revêtement un peu sensible aux griffes.

L’exigence est un plaisir différé (de 2025 à 2026)

David van Lochem au studio

David van Lochem

Cette phrase entendue au détour d’une vidéo m’a marquée : « L’exigence est un plaisir différé. »

Elle s’applique tellement bien au fingerpicking, où chaque note, chaque mouvement du poignet, chaque silence même, demandent à être poli, repoli, affiné. La technique et la musicalité n’y sont jamais acquises d’emblée. Il faut du temps pour que les doigts trouvent leur place, que le rythme devienne naturel, que le morceau “respire” vraiment. Mais, lorsqu’on atteint enfin ce point d’équilibre, ce moment où le jeu devient fluide, expressif, vivant, le plaisir ressenti est d’autant plus fort qu’il a été conquis patiemment.

Mon bilan 2025 & mes résolutions 2026

La fin d’année approche, et comme le veut une certaine tradition (et une volonté d’honnêteté avec moi-même), c’est le moment de faire le point. Un petit arrêt sur image, entre le travail quotidien et les projets de fond. 

Une année de constance et de recentrage

En 2025, j’ai continué à faire vivre ce site, à mon rythme. Quelques articles, des réflexions parfois techniques, parfois très personnelles. J’ai surtout voulu éviter de publier juste pour remplir. L’exigence, c’est aussi ça : faire moins, mais mieux.

J’ai pris plaisir à enseigner, à guider des élèves dans leurs découvertes musicales. C’est toujours fascinant de voir un déclic se produire, parfois après des semaines de travail. Ce sont des plaisirs rares mais profonds, qui n’arrivent que si l’on accepte de ne pas tout avoir tout de suite.

Et puis, il y a eu des renoncements. L’idée d’enregistrer certaines compositions a été mise de côté. Pas par paresse, mais parce que l’envie n’y était pas. Ce n’est pas grave. Choisir ses batailles, c’est aussi une forme d’exigence.

Une communauté fidèle et engagée

Le site n’a pas explosé en trafic (et ce n’est pas l’objectif), mais il a gardé un petit lectorat fidèle. Merci à vous, lectrices et lecteurs silencieux ou bavards, qui laissez parfois un mot, un mail, un commentaire. Merci aussi aux élèves qui reviennent, qui partagent leur chemin.

Vous me poussez à garder le cap, à chercher du sens dans ce que je fais ici.

2026 : cultiver l’exigence comme un art de vivre musical

Travailler un projet musical de fond

En 2026, j’aimerais structurer un vrai projet musical personnel. Peut-être un mini-récital solo, enregistré ou diffusé en ligne. Peut-être un petit recueil de compositions fingerstyle. Quelque chose avec une échéance, des étapes, et du sens.

Partager plus de pédagogie

Je réfléchis à une série de vidéos pédagogiques — pas des tutoriels à la chaîne, mais des progressions construites. Un défi technique par mois ? Une approche “petits pas” pour les motivé·es ? On verra. Mais là aussi : exigence avant abondance.

Écrire différemment

J’aimerais relancer une sorte de journal d’apprentissage. Pas pour “raconter ma vie”, mais pour documenter le chemin. Les doutes, les erreurs, les moments de grâce. Montrer que le plaisir vient souvent après l’effort, mais qu’il vaut la peine d’être attendu.

Approfondir

En 2026, je veux aussi apprendre pour moi : théorie, arrangements, dynamique, voicings… Je veux jouer moins, mais mieux. Lire plus, écouter plus, jouer plus lentement.

Conclusion : jouer, patienter, savourer

L’exigence n’est pas un carcan. C’est une manière de se respecter soi-même, de ne pas brader ce qu’on aime. Elle demande du temps, du recul, parfois du silence. Mais elle nous rend le plaisir plus intense, plus juste.

Alors en 2026, je continuerai à chercher ce plaisir différé. Celui qu’on savoure quand on a bien transpiré pour y arriver. Celui qui ne se partage pas toujours, mais qui se ressent dans chaque note bien posée.

Bonne fin d’année à toutes et tous. Merci d’être là.